La République dominicaine s’inscrit en faux contre les allégations de discrimination envers les Haïtiens, soulignant en parallèle le fardeau financier élevé que représente la migration.

681
3
Share:
TRiboLAND

Par TRiboLAND.com

Le ministère des Affaires étrangères a récemment réagi avec fermeté aux accusations répétées des autorités haïtiennes concernant la répatriation d’immigrants sans papiers, qui incluent des allégations de racisme d’État. En réponse, le gouvernement dominicain a jugé essentiel de faire entendre sa voix à la communauté internationale pour rejeter catégoriquement ces accusations.

Pour ce faire, l’institution a diffusé un document intitulé « Position dominicaine sur des questions essentielles des relations avec Haïti, y compris la migration », adressant cette note diplomatique au corps diplomatique du pays. Ce texte a également été partagé avec les missions diplomatiques dominicaines, afin qu’il soit communiqué aux gouvernements et aux organisations internationales concernés.

Le 15 octobre, le gouvernement haïtien a reçu par les voies officielles une communication cruciale.

Le MIREX a révélé que, dans ses deux réponses, le gouvernement dominicain a fermement rejeté les accusations des autorités haïtiennes. Il a réaffirmé qu’aucune politique d’État n’encourage la discrimination ou la xénophobie, et encore moins la maltraitance de personnes, peu importe leur nationalité.

De plus, le ministère a souligné l’engagement indéfectible du gouvernement dominicain à prioriser la promotion et la protection des droits de l’homme, tant au pays qu’à l’international, s’attachant à traiter avec sérieux toute plainte relative à ces enjeux cruciaux.

« Le gouvernement haïtien et la communauté internationale sont pleinement conscients des efforts que nous déployons pour restaurer la stabilité en Haïti. Ils réalisent également que la croissance incontrôlée de la migration pèse lourdement sur l’économie et la sécurité de notre pays. Pourtant, malgré cette connaissance, nous n’avons reçu aucun signe d’intérêt de la part de ces deux acteurs pour soutenir la République dominicaine dans sa quête d’une meilleure gestion des migrations. Cependant, nous savons avec certitude ce qu’il nous reste à faire pour préserver notre stabilité », insiste-t-il dans le document.

Par ailleurs, le ministère des Affaires étrangères dominicain a rappelé que le flux migratoire en provenance d’Haïti vers la République dominicaine a été constaté dès les années 1980, et a continué à croître au fil des ans. En 1999, les deux gouvernements ont officialisé leur engagement en signant le Protocole d’Entente sur les Mécanismes de Rapatriement.

Dans un contexte de relations tendues, MIREX a souligné un point crucial : l’accord entre Haïti et la République dominicaine reconnaît le droit légitime de ce dernier à rapatrier les Haïtiens en situation irrégulière. En réponse, le gouvernement haïtien s’est engagé à établir des postes de contrôle migratoire le long de la frontière pour freiner l’immigration illégale et à intensifier ses efforts pour fournir des documents d’identité à ses citoyens, face à un éventuel flux migratoire. Dans un document adressé aux délégations diplomatiques, le ministère des Affaires étrangères a lancé un appel à la vigilance : le pays voisin a-t-il honoré ses engagements ?

À son arrivée au pouvoir, le Président Luis Abinader a décidé de tendre la main à Haïti, donnant naissance à une politique de bonne voisinage axée sur le dialogue, le respect mutuel et la solidarité entre les deux nations. L’un des moments forts de cette initiative a eu lieu le 10 janvier 2021, lorsque Abinader a rencontré son homologue haïtien, Jovenel Moïse, à la frontière. Ensemble, ils ont dévoilé une déclaration en neuf points, marquant le début d’un véritable programme de collaboration. Malheureusement, cette dynamique prometteuse a été brutalement interrompue par l’assassinat de Moïse en juillet 2021, un événement tragique qui a plongé Haïti dans une spirale de déclin sécuritaire et institutionnel.

Le ministère des Affaires étrangères a mis en lumière, dans ce document, que l’immigration irrégulière exerce une pression économique insoutenable sur les services publics gratuits comme la santé et l’éducation en République dominicaine.

« Il est préoccupant de noter que, au lieu de se concentrer sur des stratégies visant à résoudre la crise haïtienne et à aborder les causes profondes de l’émigration, les autorités haïtiennes semblent davantage préoccupées par des critiques envers le gouvernement dominicain. Ce dernier agit dans le cadre de la légalité, une position qui bénéficie de la reconnaissance même de l’État haïtien, comme l’a souligné le ministère des Affaires étrangères (MIREX).

Cette note diplomatique, adressée à la communauté internationale, met en lumière l’engagement constant du gouvernement dominicain à dialoguer avec Haïti. Ce dialogue est essentiel et revêt une importance cruciale pour les deux nations, un effort que le gouvernement dominicain a tenté de maintenir durant plusieurs années. Cette approche souligne l’importance de la coopération régionale dans la résolution des crises et la nécessité d’un débat constructif pour établir des solutions durables. »

Share:

3 comments

  1. Jeff BERNARD 19 October, 2024 at 20:36 Reply

    Ce dialogue est essentiel et revêt une importance cruciale pour les deux nations, un effort que le gouvernement dominicain a tenté de maintenir durant plusieurs années. Cette approche souligne l’importance de la coopération régionale dans la résolution des crises et la nécessité d’un débat constructif pour établir des solutions durables. »

    Fondation Triboland Mombin-Crochu

Leave a reply