C’est confirmé, l’Amérique retire ses troupes de l’OTAN

54
0
Share:
TRiboLAND

par Alexandre Lemoine

Les États-Unis ont renoncé à d’importants engagements militaires envers l’OTAN. Le Pentagone a retiré du commandement de l’Alliance son groupe aéronaval, son groupe de bombardiers et plus de 50 chasseurs. Et ce n’est que le début.

Des rumeurs circulaient depuis longtemps que les États-Unis pourraient renoncer à leurs engagements militaires. Désormais, c’est confirmé : ils l’ont déjà fait.

Les États-Unis renoncent avec effet immédiat à leurs engagements envers l’OTAN de fournir un soutien militaire crucial en mer et dans les airs, selon trois sources issues des milieux de l’OTAN qui se sont exprimées auprès du journal Frankfurter Allgemeine Zeitung. Il s’agit notamment d’un groupe aéronaval, de bombardiers à long rayon d’action et de plus de 50 chasseurs.

Cette décision, qui a pris de nombreux alliés au dépourvu, vise à les inciter à combler les lacunes apparues avant le sommet de l’Alliance atlantique, prévu début juillet. Selon les experts, cela est réalisable, bien que partiellement, étant donné que les pays membres de l’OTAN mettent en moyenne formellement à la disposition potentielle du Commandant suprême des forces alliées en Europe (Saceur) moins de la moitié des unités militaires dont ils disposent réellement.

Un représentant de l’OTAN a déclaré en réponse à une demande du journal FAZ que par le passé, les pays de l’Alliance «s’étaient trop reposés sur les forces armées et le potentiel des États-Unis». «Toutefois, à mesure que l’Europe et le Canada investissent davantage dans la défense et renforcent leur potentiel, la répartition des responsabilités pourrait évoluer», a-t-il ajouté.

Selon des sources issues des milieux de l’OTAN, les États-Unis retirent les forces et moyens correspondants peu avant la conférence de répartition des forces, qui s’est tenue début de ce mois au Grand Quartier général des Puissances alliées en Europe (Shape). Il a été demandé aux alliés de combler immédiatement ces lacunes en utilisant les capacités effectivement disponibles. Cette initiative a conduit les pays à prendre de nouveaux engagements, mais certaines lacunes subsistent.

La liste des forces et moyens retirés par les États-Unis est classée confidentielle. Toutefois, dans les milieux proches de l’Alliance, il a été confirmé que les détails publiés précédemment par le journal Die Welt correspondent à la réalité. Après la conférence de répartition des forces, le journal avait rapporté qu’il s’agissait de ressources navales et aériennes, sans que le calendrier de leur retrait ne soit encore défini.

Selon ces informations, il s’agit de l’un des 2 groupes aéronavals, de la moitié de l’ensemble des formations de croiseurs et de destroyers, de 11 des 26 avions de reconnaissance maritime et de l’ensemble des sous-marins capables de lancer des missiles de croisière de type Tomahawk. En ce qui concerne les forces aériennes, il est prévu de retirer l’un des deux groupes de bombardiers à long rayon d’action, 54 des 153 chasseurs, 16 des 79 avions ravitailleurs, tous les drones à long rayon d’action et près de la moitié des drones armés Reaper.

Dans les milieux de l’Alliance, on s’attend à ce que cela ne soit qu’une première étape, suivie de mesures supplémentaires dans les années à venir, y compris concernant les forces terrestres. Cette démarche est censée encourager le renforcement des capacités des pays européens.

Parallèlement, il est considéré qu’en cas de situation d’urgence, le Commandant suprême des forces alliées en Europe continuera à disposer des unités correspondantes, à condition qu’elles ne soient pas nécessaires aux États-Unis dans la région Pacifique ou ailleurs. Il est également souligné que même auparavant, toutes les capacités déclarées n’étaient pas effectivement disponibles. Par exemple, les États-Unis avaient déployé dans la région du golfe Persique de nombreuses forces et moyens qui, théoriquement, étaient assignés à l’OTAN.

Après la conférence de répartition des forces, il est également apparu que les États-Unis ne déploieront pas pour l’instant de missiles de croisière Tomahawk à ogives conventionnelles en Europe. Dès début mai, le gouvernement allemand avait confirmé que l’accord prévu pour leur déploiement dans le pays avait échoué. La question s’est alors posée de savoir si ces missiles de croisière pourraient être déployés, par exemple, en Pologne ou ailleurs. Washington n’a pas confirmé de tels projets.

UPD À l’occasion d’une conférence de presse à Bruxelles, mercredi, le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a commenté les ajustements récemment annoncés par les États-Unis de leur présence en Europe. Ces derniers concernent leur contribution au «modèle de forces», celles sur lesquelles l’OTAN peut compter en cas de nécessité, et ont été présentés «comme un problème», a-t-il expliqué. Or, les États-Unis «ne se retirent pas» de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord, selon Mark Rutte : «Ce n’est pas la réalité. Les États-Unis ont clairement annoncé qu’ils restaient attachés à l’OTAN».

source : Observateur Continental

Share:

Leave a reply