HOMMAGE À UN HOMME D’HONNEUR DE CONVICTION DE PRINCIPE, Me Théophile Pierre

PAR JEAN L. THÉAGÈNE
Les aînés sont des fleurs qui, se sont épanouies avec le temps et qui ont pour fonction d’embellir nos parterres trop souvent dévastés par les aléas de la vie industrielle dite moderne. Ils traînent dans leur sillage ces parfums qui embaument notre mémoire olfactive. Ils impriment notre existence de ces senteurs merveilleuses qui, heureusement parviennent à rendre respirable un environnement toxique hautement contaminé par des curetons arriérés, ignorants du sens véritable de la vie. Chaque fois qu’il nous est donné de fermer ces encyclopédies vivantes, nous effectuons un recul magistral dans le temps, surtout celui qui nous est alloué.
Ainsi, quelque part, sur un coin de cette planète, Boston, un Être est mort, abandonnant malgré lui les siens éplorés dans l’abîme où les ont précipités l’ignorance crasse et l’absence de vision de leurs dirigeants. Homme d’honneur et de principe, Professeur émérite, Me Théophile Pierre est parti offrir ses services là où ceux-ci peuvent atteindre leur pleine efficacité. En marquant apparemment la fin du fonctionnement humain, la Mort s’ouvre sous d’autres brillantes perspectives promises par les enseignements religieux. Étonnant chef d’orchestre, elle module les moments de la partition que l’homme est appelé à éxécuter durant sa vie. Elle laisse chanter les souvenirs heureux dans le cœur des survivants. En ce sens comme sur plusieurs, autres plans, Me Tcho reste un exemple à suivre.
Professeur émérite, Me Tcho fut un citoyen honnête et compétent, profondément humain. Et cet humanisme, il le portait comme un fleuron reçu à la naissance et non arboré lors d’occasions fortuites données par des causes légères. Comme le soutient le grand Alexandre Dumas :” l’aigle bâtit son aire à la cime des rochers pour y voir plus loin.
Mourir, disparaître à tout ce qui vous environne, dans les abîmes de l’éternité, devenir cadavre, la pâture des vers, l’horreur des hommes, le dépôt hideux d’un tombeau : ces mots de J.B.Massillon résument bien le véritable destin de l’humanité. Tous comptes faits, la douleur est un siècle et la Mort un moment que vous avez su traverser avec la désinvolture d’un Être sûr de son droit, d’un homme qui n’a rien à se reprocher.
Aussi, mes sympathies vont-elles à tous ceux,membres de la famille, parents, étudiants, amis, qui l’ont connu, et qui ont bénéficié de sa proverbiale générosité. Quant à vous, Me Tcho, Merci pour votre culture que vous nous avez transmise, vos conseils avisés et votre amitié agissante. Que les cythares du Ciel, Cher Maître, vous réservent leurs plus belles mélodies pour avoir compris avec Claude Tilier que quiconque a semé des privilèges doit recueillir des révolutions.
AU REVOIR, CHER MAÎTRE !






