Crise et tensions croissantes au Mali : violence, ingérence et défi d’un avenir incertain

Par TRiboLAND.com
Ce samedi, la tranquillité relative de certaines zones du Mali a été brusquement interrompue par des tirs nourris, secouant plusieurs quartiers, notamment à Kati, où réside le général Assimi Goïta, à la tête de la junte militaire. Des témoins et des sources sécuritaires ont confirmé à l’AFP que des coups de feu ont retenti, laissant présager une nouvelle escalade dans un pays déjà en proie à une crise sécuritaire profonde. À Gao, la grande ville du Nord, ainsi qu’à Sévaré, au centre, le bruit des combats se mêlait aux craintes des habitants, qui vivent sous la menace permanente de groupes terroristes.
Depuis plus d’une décennie, le Mali lutte contre un conflit djihadiste qui n’a cessé de s’intensifier. Après deux coups d’État successifs en 2020 et 2021, le pouvoir militaire a consolidé son contrôle, mais la violence n’a fait qu’augmenter. Les attaques se succèdent, portées par des groupes affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique, ainsi que par des factions criminelles et séparatistes. La population, épuisée, vit dans la crainte constante de nouvelles violences.
Sur la scène internationale, le Mali s’est éloigné de ses anciens alliés européens. Le gouvernement militaire, à l’instar de ses voisins Niger et Burkina Faso, a décidé de couper ses liens avec la France, sa puissance coloniale historique, et avec d’autres pays occidentaux. En quête de nouveaux partenaires, il s’est tourné vers la Russie, renforçant ses liens avec Moscou. Depuis 2021, le groupe Wagner, qui combattait aux côtés des forces maliennes contre les terroristes, avait annoncé la fin de sa mission en juin 2025. À sa place, une nouvelle organisation, l’Africa Corps, placée sous le contrôle direct du ministère russe de la Défense, a pris le relais.
Le régime militaire n’a pas seulement consolidé son pouvoir par la force. Il a également réprimé ses opposants, dissous les partis politiques et suspendu la démocratie. Initialement, l’objectif était de rendre le pouvoir aux civils d’ici mars 2024, mais en juillet 2025, le général Goïta a obtenu un mandat présidentiel de cinq ans, renouvelable « autant de fois que nécessaire », sans qu’aucune élection ne soit prévue. La population malienne, déjà fragilisée, doit désormais faire face à un avenir incertain.
Depuis septembre, la situation sécuritaire s’est encore dégradée. Le groupe jihadiste JNIM, une branche d’Al-Qaïda, mène des attaques contre des convois de camions-citernes, paralysant Bamako lors des pics de violence en octobre. Malgré une période de relative calme, la capitale a connu, en mars, une pénurie de carburant, le diesel étant réservé en priorité à la consommation énergétique, amplifiant le climat de crise qui pèse sur le pays. Dans ce contexte de tensions croissantes, le Mali cherche désespérément sa voie, entre violence, ingérence étrangère et aspiration à la stabilité.





