Sur le plan analytique, la présence et l’action des miliciens chavistes, appelés “colectivos”, au Venezuela, illustrent une stratégie de contrôle social et politique

Par TRiboLAND.com
Le contexte au Venezuela, notamment à Caracas, est marqué par une atmosphère de peur omniprésente, incarnée par la présence des « colectivos » — ces milices paramilitaires contrôlées par le régime. Leur rôle va au-delà d’une simple force de répression locale : elles symbolisent l’instrumentalisation de la violence pour maintenir le pouvoir en place face à une crise politique et sociale profonde. La montée de leur activité depuis le raid américain et la tentative d’arrestation du président Nicolás Maduro indique une volonté manifeste du régime de renforcer sa posture autoritaire, utilisant la peur comme levier principal pour dissuader toute opposition ou dissidence.
Les vidéos relayées sur les réseaux sociaux révèlent une intensification des stratégies de contrôle, telles que patrouilles menaçantes, barrages, interrogatoires musclés et fouilles numériques, toutes destinées à instaurer un climat de suspicion et de silencing. La peur devient ainsi un outil de gouvernance, non seulement dans l’espace public mais aussi dans l’intimité individuelle, où la censure et la crainte d’arrestation ou de violence dissuadent toute critique ou expression de solidarité extérieure.
L’instauration de l’état d’urgence renforce cette dynamique répressive, en institutionnalisant la censure et en criminalisant toute forme de soutien à l’intervention étrangère ou à l’opposition. La déclaration de mesures restrictives, telles que l’interdiction de manifestations liées à la capture de Maduro, illustre la volonté de l’État de contrôler étroitement l’espace public et privé. Cette posture traduit également une stratégie de dissuasion collective, visant à maintenir un silence complice face à une situation où la moindre parole ou action peut entraîner des conséquences graves.
D’un point de vue sociopolitique, Caracas apparaît déchirée entre la nécessité de survivre dans un climat de terreur et la résilience d’une population qui doit sans cesse naviguer entre la soumission et la tentative de résistance. La présence omniprésente des colectivos et la mise en place de mesures répressives structurent un espace où la dissidence est risquée, voire interdite, ce qui limite considérablement l’expression politique et sociale. La société se trouve ainsi sous une double pression : celle de la terreur physique et celle d’un contrôle législatif strict.
En résumé, la situation à Caracas illustre comment un régime autoritaire peut utiliser à la fois la violence paramilitaire et le cadre juridique pour instituer une gouvernance par la peur. La société civile doit faire face à un dilemme : se taire pour préserver sa sécurité ou risquer la répression dans une tentative de résilience et de résistance. La dynamique met en lumière la fragilité des libertés fondamentales dans un contexte où la peur devient la pierre angulaire du maintien du pouvoir.






