DANS LA NOIRCEUR JUBILATOIRE………

Par J.L.T
” Agis d’abord et tu comprendras ensuite”
Encore une fois et malgré nous, la même question revient dans toutes les pensées quelque peu intéressées à la problématique haïtienne: Que nous réserve l’avenir ?Les classes sociales haïtiennes ont-elles une chance de se retrouver partie prenante d’un Contrat qui tienne compte de leur potentialité et de leur dynamisme dans l’amélioration et le renforcement des structures d’un État responsable?.Il n’est pas donné à n’importe quels petits parvenus de la politique de grimper à ces hauteurs. D’ailleurs, sans vision et sans lecture, il ne pourront voir de la tour d’ivoire où les aurait enfermé leur nanisme que les ” champs qui verdoient
et la route qui poudroie” ne laissant même pas aux humains le soin de choisir la meilleure façon de mourir.
D’un point de vue qui se veut réaliste, on peut affirmer sans risque d’être contredit qu’on est tombé de Charibde en Scylla depuis un demi siècle près que notre société s’est mise à adopter les valeurs matérielles de l’Occident sur-développé. Ballotée par les flots meurtriers de la pensée des pseudo- spécialistes, elle se retrouve aujourd’hui plus désemparée que lors de la visite de Franklin Delano Roosevelt à Sténio Vincent : l’unijambiste marié et le célibataire aveugle qui pensaient qu’une structure de répression pouvait à elle seule contenir les bravades d’un peuple particulièrement turbulent. Ils ne pouvaient simplement pas penser à l’époque que ce dont avait besoin ce peuple accablé, bafoué, violenté n’était rien de moins que l’établissement de structures minimales susceptibles de répondre à ses besoins primaires.
Mais en lieu et place de projets de développement à l’intérieur desquels, tous et chacun, on aurait pu connaître une évolution sereine à l ‘instar du chapelet d’îles qui couronnent la Caraïbe assoupie, Haïti a été en contact avec la violence multiforme d’élites qui se sont faites désavouées publiquement cinquante ans plus tard.. C’est qu’enfermées dans un “bovarysme collectif”, elles se sont laissées piéger par les feux follets de la civilisation occidentale qui, rompant avec la tradition ancestrale des valeurs Euro-Africaines de culture, se faisait fort d’y substituer ses propres schèmes de qualité cependant équivoque. La course à l’enrichissement illicite était déclarée ouverte.
Abondant dans le sens Nord-américain et Européen du recyclage des dollars dérobés aux caisses sans fond du Tiers-Monde, les Marathoniens de la prévarication se sont toujours arrangés pour faire perdre la trace des produits de leurs rapines déposés en Suisse ou dans tout autre paradis fiscal complaisant. Mais dans un sursaut résiduel de moralité, les USA ont donné le ton pour que l’argent détourné retourne à ses véritables propriétaires. Malheureusement, dans beaucoup de cas, les valeurs dérobées ne font que changer d’appartenance. Hier, les propriétaires étaient les classes moyennes, fer de lance du duvaliérisme. Aujourd’hui, c’est le tour des lavalassiens, porte- étendard de l’aristidisme, de s’emparer, au nom d’une soi-disant légitimité populaire des comptes de banque d’origine frauduleuse ” .À voleur, voleur et demi” , soutient le vieux dicton..Ainsi va la vie et la population de continuer à subir les sept plaies d’Égypte. Car, comme pour répéter, N.E.Restif de la Bretonne,”le plus grand mal, quoi qu’en disent les moralistes, c’est l’obscurité, la bassesse; c’est la vie de ces plantes mouvantes qui végètent autour de vous, qui vivent et qui meurent sans que personne se soit aperçu de leur existence.” J.L.T.






