Constat sur un naufrage

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TRiboLAND

par Jaap de Boer

Personnellement, c’est fini. Je ne suis plus français. Et surtout pas européen. J’ai une honte infinie de ce qu’est devenu ce pays et de ce que sont devenus ses habitants.

Mais je résume : Je ne suis rien ; rien qu’un modeste et petit scribouilleur, perdu entre ses dessins et ses romans. J’ai 66 ans suis bien français… hélas, d’où ce cri du cœur auquel évidement certains n’adhéreront pas et engendrera critique ! C’est normal, la critique est normale et parfois nécessaire !

Je me souviens d’un pays fait de richesses, de plaisirs, de dignité et d’honneur, d’envie de combattre et de non-soumission, de culture et de soif d’apprendre et de connaître, de discipline et de respect. Tout est parti en fumée.

Je désigne les coupables : le numérique, les smartphones, les jeux vidéo, les Netflix et autres conneries connectées qui ont avachi les cerveaux, atrophié les muscles, détruit le raisonnement. On suit. On ne décide plus. On a peur. On plie. On rampe. Et on admire ceux qui rampent parfaitement, qui gagnent en vendant leur état larvaire mais soumis, leur argent et leur pouvoir.

Il y a désormais chez les gens des écrans géants, mais plus de livres. Baudelaire est devenu un footballeur. Le Bernin, un chanteur pour The Voice. Le succès des hommes est dans la provocation imbécile. Celui des femmes, dans leur façon de se mettre à poil pour exister.

La pornographie a toujours existé, oui. Mais elle s’est généralisée. Elle ne concerne plus seulement le sexe, elle est partout, dans le quotidien. Bataille écrivait que la pornographie était l’érotisme des pauvres. Et quand il parlait de pauvreté, il ne parlait pas de statut social – il parlait de misère de l’âme.

Tout est dévoyé. Tout est laid. Il n’y a plus que profit, trahison, égotisme, perfidie et pouvoir. L’Art est devenu abject de laideur, pédant, fait pour les incompétents. La musique est formatée à tout va. La techno et autres musiques de crétins ont remplacé des musiques qui avaient une autre gueule – qu’on méprise sous le label «variétés» en tordant la bouche. Berk.

Les artistes crèvent. Les financiers se gavent. Byron disait déjà : «Un poète, il y a peu, pouvait faire trembler les rois. Aujourd’hui, il n’est plus qu’un mendiant». Et c’était il y a 250 ans. S’il revenait, le pauvre…

La politique ? Une farce. Un cirque de la honte et du m’as-tu-vu. Je pense au Freaks de 1932. La science ? Une sinécure. Le malade est devenu un «client». Le vaccin, un outil de soumission. La peur de mourir empêche les gens de vivre. Ils ont troqué leur âme et leur liberté contre deux seringues dans la couenne. Il n’y a plus que haine pour l’autre : l’arabe, le russe, le noir, le pauvre, le gitan ! On excuse les génocides mais on s’offense d’une jeune femme qui se balade à moitié nue dans les rues en Iran et que la police vient interpeller !

Je me cherche désormais un pays bien à moi. Comme dirait John Coffey dans le roman de King : «Je suis fatigué, patron».

Personnellement, c’est fini. Je ne suis plus français. Je ne veux plus l’être. Je hais ce dénominatif qui me colle une image nauséabonde sur les épaules. Et surtout pas européen. J’ai une honte infinie de ce qu’est devenu ce pays et de ce que sont devenus ses habitants.

Je me cherche désormais un pays bien à moi. Pour l’instant, je l’ai gravé dans mon cœur. Mais je sais que je ne finirai pas mes jours dans l’Hexagone.

Je n’écris que par lassitude de regarder. C’est impossible. Je ne pourrais mourir ici. Ou je mourrais de honte et de tristesse.

Comme je le soulignais plus haut, je ne suis rien ou pas grand-chose, un simple citoyen que l’on humilie comme tous les autres depuis désormais 40 ans et dont les difficultés ont été de Charbyde en Scylla. Pourtant, j’avais envie de porter ici ma simple fatigue et mon désarroi de tout ce que nous vivons désormais en France et en Europe, dans la plus totale indifférence. Et quand je vois les gens êtres des centaines de milliers dans la rue pour un résultat de football mais à peine dix milles pour une revendication sociétale, Quand je me suis vu ostracisé par mon refus du confinement et de la vaccination, boycotté par mes pairs parce que j’étais pro russe et dénoncé par mes amis parce que je hissais sur mes posts le drapeau de la Palestine, je me dis que c’est fini ! Bien fini. Merci de votre indulgence sur ce modeste texte.

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