LA LEÇON D’HISTOIRE….

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TRiboLAND

Par J.L.T.

” Ah! Si quelques jours sur tes rives osent venir des tyrans. Que leurs hordes fugitives servent d’engrais à nos champs”

Dans notre histoire de peuple, l’unité nationale n’a vécu qu’un seul grand moment. Elle a connu son apogée durant la campagne militaire libératrice qui a culminé à l’épopée de Vertières. Ce haut exemple d’unité autour d’une idéologie a donné naissance à la Première République indépendante fondée, au prix de lourds sacrifices humains, par une bande d’esclaves révoltés. Fait sans précédent dans l’Histoire universelle !

Et depuis, la politique haïtienne reflète le profil de la turbulence d’un peuple insoumis, individualiste à l’extrême. La notion de Patrie flotte dans la tête de nos concitoyens dans le flou de différences exacerbées, héritées d’un passé colonial, certes,peu reluisant mais aussi de notre inaptitude à privilégier l’essentiel sur l’accessoire. L’assassinat du Pont-Rouge, comploté et exécuté par l’élite de l’armée nationale traduit l’incohérence et la faiblesse de l’engagement patriotique de nos élites et de nos masses qui, singulièrement semblent adorer défaire aujourd’hui ce qu’elles ont édifié hier.

Toute l’Histoire politique de notre Pays est jalonnée de cette lutte constante entre le pays légal et les factieux qui, par des mouvements insurrectionnels successifs ont ensanglanté l’Histoire d’Haïti de luttes fratricides pour la conquête du Pouvoir. Les tentatives faites dans le passé par les théoriciens pour enfanter des partis politiques organisés et conséquents ont buté sur le handicap posé par notre inaptitude à définir et maîtriser une approche rationnelle de la science politique pour éclairer la perspective de nos réalités socio-politiques, et canaliser l’énergie de notre peuple vers des tâches constructives d’organisation sociale et économique.

Cette lacune de notre culture politique, cette ambivalence de notre nature traduisent clairement les tâtonnements et les inconséquences qui nous ont valu la déchéance de l’occupation étrangère après plus d’un siècle d’exercice de notre souveraineté. Cela eut été un moindre mal, si cette flétrissure morale infligée à notre fierté de peuple libre, nous l’avions essuyée sur le champ de bataille (les plus grandes armées peuvent être défaites, mais on ne vainc jamais un peuple). Nous fûmes occupés, parceque, peuple irresponsable nous n’avons pas sû assurer l’ordre dans nos villes, maintenir la propreté dans nos finances publiques, définir un projet de société apte à arracher l’adhésion de la majorité. Et ce fut le constat de faillite de notre civilisation sanctionnée par l’occupation étrangère.

Pour la toute première fois dans l’Histoire de nos moeurs, une Loi a été promulguée pour définir les rapports entre les différentes forces qui occupent notre échiquier politique. Et suprême ironie, l’Histoire se répète, se répète même quand elle ne semble convenir à personne. Le Pouvoir, qui en est l’ architecte, par désintérêt ou calcul politique se garde d’en faire l’exégèse. L’opposition, au contraire, rue dans les brancards. Elle semble, après une longue attente, vouloir mettre les bouchées doubles. Mais tout le monde s’attendait à ce qu’elle ramenât de son purgatoire la formulation de propositions concrètes susceptibles d’enrichir et d’élever les débats. De son côté, pour le moment, l’humeur est à l’acrimonie et à la récrimination avec sans scrupule 320 partis bidons.

Fais-moi rire ! Le pouvoir à la manque de Didier réitère sa volonté de voter des lois. Cette déclaration lève automatiquement l’obligation de réserve derrière laquelle pourrait s’abriter l’opposition. D’ailleurs, certains ” leaders ” qui ont voulu préciser, sur des questions ponctuelles, leur position face à la Nation, ont emprunté les micros de la presse parlée. Faute de savoir ce que désire l’opposition, le Pouvoir à la manque s’est taillé des communiqués à sa convenance et même ajouté aussi à des révocations. La négligence ou le peu d’intérêts des 320 partis- bidons frise la complaisance ou la complicité. De guerre lasse, elle a prouvé sa capacité à ne pas surmonter ses contradictions et surtout jouer son rôle de partenaire obligé du Pouvoir. Et la leçon d’Histoire aura laissé les limbes de l’analyse théorique pour passer au stade des cours pratiques.

J.L.T.

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