ONU qui mal y pense !

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TRiboLAND

par les auteurs décalés et asynchrones

Toute ressemblance avec des institutions existantes ou ayant existé n’est ni fortuite, ni coïncidente, mais documentée.

Présentation de la série

L’Organisation des Nations unies fêtera bientôt ses quatre-vingt-cinq ans. Un anniversaire que peu de gens célébreront, et pour cause : qui songerait à fêter un édifice dont les fondations s’enfoncent dans un sol qui n’existe plus, dont les murs sont couverts de déclarations solennelles que personne n’applique, et dont les habitants — diplomates, fonctionnaires, experts — parlent une langue que plus personne ne comprend en dehors des couloirs de Genève et de New York?

Cette série n’est pas un énième rapport de think tank. Elle n’est pas non plus un pamphlet. Elle est une invitation à dépoussiérer, à ôter les oripeaux, à regarder l’institution nue — non pour la détruire, mais pour cesser de lui demander ce qu’elle ne peut pas donner, et commencer à imaginer ce qu’elle pourrait devenir.

Chaque article part d’un constat simple: l’ONU est devenue illisible. Ses missions s’empilent comme des strates géologiques — paix, développement, droits humains, climat, santé, éducation, numérique, espace — sans que personne ne sache plus dire ce qu’elle fait vraiment, ni pour qui, ni avec quelle efficacité. Ses discours sont saturés de mots qui ont perdu tout tranchant : «communauté internationale», «développement durable», «résilience», «inclusivité». Ses rituels — les sessions de l’Assemblée générale, les résolutions votées et oubliées, les conférences des parties qui n’engagent personne — tournent à vide.

Et pourtant. Il n’existe aucun autre lieu sur cette planète où 193 États se parlent. Aucun autre réseau capable de vacciner des millions d’enfants, de nourrir des populations affamées, de coordonner une réponse sanitaire mondiale. Aucune autre instance où un petit État insulaire peut prendre la parole et être écouté — ne serait-ce que symboliquement. L’ONU est à la fois indispensable et défaillante, unique et sclérosée, nécessaire et insupportable.

Les six articles qui suivent explorent cette tension. Ils ne proposent pas une grande réforme clés en main — ce serait mentir. Ils tentent plutôt de déplacer le regard, d’interroger les prémisses que nous ne voyons plus tant elles nous sont devenues évidentes, d’esquisser les contours de ce que pourrait être une institution mondiale qui ne serait ni un club de vainqueurs de 1945, ni une cathédrale bureaucratique, ni un cache-misère de l’injustice globale.

Article 1 : Le musée des vainqueurs. Pourquoi l’ONU est restée prisonnière de 1945, et ce que cela coûte à sa légitimité.

Article 2 : La langue de bois sacré. Comment le langage onusien est devenu un code d’impuissance, et comment le désapprendre.

Article 3 : L’aide qui cache la forêt. Humanitaire, développement, urgence : enquête sur une industrie qui soigne les symptômes en aggravant parfois les causes.

Article 4 : Le veto des corps. Ce que signifie remettre l’humain — l’humain situé, incarné, vulnérable — au centre d’une institution qui ne connaît que des États.

Article 5 : La démocratie des collectifs. Défaire le monopole étatique de la représentation internationale : une utopie concrète.

Article 6 : Nue. Plaidoyer pour une institution qui cesse de se déguiser et accepte de n’être qu’un instrument — le meilleur possible — au service de l’autonomie, de l’autodétermination et de la justice redistributive.

Cette série est une promenade critique, parfois ironique, toujours exigeante. Elle s’adresse à ceux qui ne supportent plus le «c’est ainsi», à ceux qui refusent que la contrainte tienne lieu de pensée, à ceux qui croient qu’une autre architecture du monde est possible — non parce qu’ils sont naïfs, mais parce qu’ils ont compris que le réalisme des dominants n’est que la paresse des imaginaires.

ONU qui mal y pense ! Parce qu’il est temps de penser mal — c’est-à-dire librement — ce que la bienpensance nous interdit de voir.

Isaac Bickerstaff, Nathanaël Gershom, Nour Fusayfisa al-Arz, Hypatie Mariam

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