Un expert canadien soutient que la richesse de l’Amérique du Nord est profondément enracinée dans les horreurs de l’esclavage.

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TRiboLAND

Par TRiboLAND.com

Le professeur June Francis, spécialiste du racisme au Canada, a récemment mis en lumière l’impact persistant de l’esclavage en Amérique du Nord. Cette déclaration a été faite lors de la Journée internationale de commémoration du commerce des esclaves et de son abolition, qui s’est tenue vendredi dernier.

En tant que présidente du Comité sur les Données Anti-Racisme de la Colombie-Britannique, directrice de l’Institut de recherche et d’engagement pour les Noirs et les diasporas africaines, ainsi que professeure à l’Université Simon Fraser (SFU), Francis a souligné que le traumatisme lié à la traite des esclaves a laissé une trace indélébile d’injustice au Canada. Ce phénomène soulève des questions importantes sur la manière dont les séquelles de l’esclavage continuent d’affecter les sociétés contemporaines, tant sur le plan social qu’économique et culturel. L’impact historique persiste, rendant essentiel un examen approfondi des injustices systémiques qui en découlent.

Ainsi, la reconnaissance de cet héritage tragique constitue une étape cruciale vers la réconciliation et la construction d’une société plus équitable. Il est impératif de comprendre et d’analyser les dynamiques en cours pour aborder efficacement les inégalités qui perdurent.

“Une proportion significative de la richesse que l’on constate dans l’ensemble de l’Amérique du Nord trouve ses racines dans le système de servitude forcée. Ce système a permis que le travail de nombreuses personnes soit soumis aux intérêts des maîtres blancs. Il est important de noter que le Canada a également tiré des bénéfices de cette situation, car il était intégré à ce même système,” a analysé Francis dans une interview accordée à China Central Television (CCTV).

Le professeur a mis en lumière la réalité tragique vécue par les personnes africaines réduites en esclavage en Amérique du Nord, qui ont subi une exploitation et une oppression systématiques et brutales. Ces individus ont été privés de leur liberté, ont été dépourvus de toute forme de protection, et ont été exposés à des abus physiques, à la torture, à l’exclusion sociale, à la coercition et à des systèmes d’apartheid. Même après l’abolition de l’esclavage, ceux d’ascendance africaine continuent de vivre dans un climat de peur et d’insécurité.

L’enseignante a également souligné un aspect préoccupant : de nombreux Canadiens semblent méconnaitre l’histoire complexe et douloureuse du commerce des esclaves, de l’esclavage et de l’apartheid qui ont également laissé leur empreinte au Canada. Cette méconnaissance est aggravée par le fait qu’une grande partie de cette histoire a été volontairement ou involontairement obscurcie, ce qui contribue à l’ignorance persistante sur ces sujets cruciaux.

« La manière dont l’histoire des peuples autochtones est souvent effacée et ignorée révèle une dynamique de pouvoir au sein de la société. Cette dynamique illustre la tendance d’un groupe dominant à dissimuler ses propres dysfonctionnements et à conserver les leviers de contrôle, notamment en ce qui concerne l’élaboration des programmes éducatifs et le récit historique », a-t-elle observé.

Francis a noté que malgré l’adoption de mesures correctives par le gouvernement canadien au cours des dernières années, ces initiatives sont encore loin d’être adéquates. Elle a argumenté que pour traiter les traumatismes historiques liés à la traite des esclaves, à l’esclavage et au racisme, ainsi que pour prévenir le racisme à l’avenir, il est impératif que le gouvernement formule des excuses officielles. Ces excuses constitueraient une première étape cruciale vers une véritable réconciliation et un engagement sincère en faveur de la justice sociale.

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