La chute de Tessalit : l’offensive des rebelles et l’effondrement de l’armée malienne dans le Nord du Mali

Au Mali, la situation sécuritaire continue de se détériorer de façon alarmante. Vendredi, un événement marquant s’est produit : l’armée malienne, appuyée par ses mercenaires russes, a été contrainte de céder un bastion stratégique dans le nord du pays aux rebelles armés. Ces derniers, regroupant séparatistes touaregs et djihadistes, mènent désormais une offensive commune pour tenter de renverser la junte au pouvoir.
Tout a commencé le week-end dernier, lorsque de violentes attaques coordonnées ont secoué plusieurs régions, marquant le plus grand assaut contre le Mali depuis près de quinze ans. Dans la région de Kidal, une ville clé située dans le nord, les rebelles ont réussi à prendre le contrôle, tuant dans le processus le ministre malien de la Défense, Sadio Camara, une figure centrale de la junte militaire. La prise de cette ville stratégique a été un coup dur pour les forces gouvernementales.
Parmi les zones les plus touchées, Tessalit, un bastion crucial en raison de sa position géographique et de sa piste d’atterrissage bien équipée, a été abandonnée par l’armée malienne. Selon un responsable du Front de libération de l’Azawad, les forces du « super-camp » ont été contraintes de se disperser vers le sud, laissant la base aux mains des rebelles. La veille, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, avait déjà mis en place un barrage routier empêchant toute sortie de Bamako, la capitale, ne laissant passer que les civils déjà présents en ville.
Les combats ont été d’une intensité extrême, avec des échanges de tirs et des attaques à la bombe. La violence a fait de nombreuses victimes parmi les civils, y compris des enfants, et plusieurs établissements de santé ont été attaqués ou occupés par des hommes armés. Les forces de sécurité ont également découvert que plusieurs militaires, en service ou retraités, auraient été complices de ces opérations. L’enquête révèle aussi une implication possible de l’opposant politique en exil, Oumar Mariko.
Ce chaos s’inscrit dans un contexte plus large d’instabilité régionale. Ces dernières années, le Mali, tout comme le Burkina Faso et le Niger, a rompu ses liens avec la France, ancienne puissance coloniale, pour se rapprocher de Moscou. Ces trois pays ont formé l’Alliance des États du Sahel, une coalition dotée d’une force conjointe d’environ 15 000 hommes, destinée à lutter contre la montée en puissance des groupes djihadistes.
Les efforts militaires se poursuivent, notamment avec des campagnes aériennes menées par les trois nations. Cependant, la menace jihadiste ne faiblit pas. À la fin de l’année dernière, le groupe JNIM avait tenté de déstabiliser davantage l’économie malienne en bloquant l’approvisionnement en carburant, notamment depuis la Côte d’Ivoire et le Sénégal, dans une tentative de fragiliser encore davantage le pays.
Face à cette escalade, la situation reste tendue et incertaine. La lutte pour le contrôle du nord du Mali, entre forces gouvernementales, rebelles touaregs et groupes jihadistes, continue de façon dramatique, mettant en péril la stabilité de toute la région.






