Tentative de coup d’État du 3 janvier : Moumouni Soré, l’adjudant qui dévoile tout

Par TRiboLAND.com
L’affaire de la tentative de déstabilisation des institutions burkinabè, survenue dans la nuit du 3 janvier 2026, continue de faire des vagues. Après plusieurs mois d’enquêtes et d’interrogatoires, un nouveau chapitre s’écrit avec la confession de Moumouni Soré, un adjudant de police qui a accepté de briser le silence lors d’un entretien télévisé.
Ce qui apparaît désormais plus clairement, c’est que cette opération, orchestrée par des composantes clandestines, ne s’est pas limitée à une simple tentative isolée. Elle s’inscrit dans un contexte plus large de luttes de pouvoir, d’alliances douteuses et de stratégies obscures, dont Soré a été, à son insu ou volontairement, un acteur.
Stationné au Commissariat de Police d’Arrondissement 4 (CPA4) de Ouagadougou, Moumouni Soré reconnaît avoir joué un rôle clé dans le volet financier de cette entreprise criminelle. Selon ses aveux, il aurait accompagné, en novembre 2025, son ami et complice, El Hadj Madi Sakandé, dans un voyage en Côte d’Ivoire, dont l’objectif officiel était de récupérer des fonds destinés à alimenter une campagne de déstabilisation contre le régime en place.
Le montant remis, selon ses déclarations, s’élèverait à 70 millions FCFA. La somme aurait été confiée par un opérateur économique local, Boureima Traoré, qui aurait financé cette opération avec l’espoir d’un retour sur investissement, voire d’un rapport de force accru pour ses propres intérêts.
Ce déplacement en Côte d’Ivoire ne serait pas un acte isolé. Il s’inscrit dans une série d’échanges, notamment un précédent voyage effectué par Madi Sakandé à Lomé, au Togo, début novembre 2025. À son retour, il aurait dévoilé à Soré ses contacts avec l’ancien président Paul-Henri Sandaogo Damiba, présenté comme le cerveau derrière cette tentative de renversement du pouvoir.
Le récit de Soré révèle également que, pour s’assurer de sa loyauté et de sa collaboration, Madi Sakandé aurait multiplié les promesses. Parmi celles-ci, la plus séduisante était une nomination au poste de Directeur général de la LONAB, une offre qu’il aurait rapidement rejetée, jugeant ses compétences inadéquates. En revanche, une autre proposition, liée au secteur du transit, accompagnée de promesses financières considérables, lui aurait été faite pour le convaincre de rester silencieux.
À son retour à Ouagadougou, l’adjudant aurait été gratifié de 500 000 FCFA en guise d’avance, en attendant la mise en œuvre concrète du projet. Mais l’arrestation de Madi Sakandé trois jours plus tard, peu après leur retour de Côte d’Ivoire, a tout arrêté net et mis fin à cette tentative de coup d’État.
Devant les caméras, Moumouni Soré a exprimé une profonde amertume, sous le poids du remords. Il affirme s’être laissé entraîner dans cette aventure sans en saisir la gravité réelle, et regrette d’avoir été utilisé comme un pion dans une manœuvre plus complexe qu’il ne l’avait envisagée. Il a tenu à présenter ses excuses sincères au président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, ainsi qu’à ses collègues de la police, aux autorités, et à l’ensemble du peuple burkinabé.
Dans ses déclarations, il sollicite humblement la clémence de la justice, tout en évoquant la nécessité de faire la lumière sur les vrais instigateurs de cette tentative de coup d’État, et sur les réseaux qui l’ont soutenue. Son témoignage, empreint de regret mais aussi de révélation, soulève un vent de questions sur les véritables motivations, les alliances secrètes, et l’étendue des forces qui cherchent à déstabiliser la stabilité du Burkina Faso.
Ce dossier reste en ébullition, et l’opinion publique suit avec attention chaque développement, espérant que la lumière sera faite sur cette tentative de déstabilisation, afin que justice soit rendue et que la paix puisse continuer à s’établir dans le pays.






