POUR UNE PRESSE RESPONSABLE….

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TRiboLAND

Par J.L.T.

Il nous arrive souvent de confondre les actions humaines en tenant compte seulement de leur raison. Il est des actions bonnes, Il en est d’extraordinaires. Mais, elles sont pourtant vaines si elles ne répondent pas dans la conscience qui constitue le creuset par lequel elles passent et qui permet de juger des effets par leur cause et non du contraire. La conscience de l’action obéit à deux forces : le courage et la sagesse. Au courageux, il est donné la fougue de tempérament pour entreprendre. Au sage, revient la patience de disséquer, d’examiner afin de déterminer l’écart d’entre la richesse et le mérite, le brillant et la solidité et ainsi éviter les appâts de l’apparence, la séduction du merveilleux.

L’homme intrépide est mû par des poussées instinctives dont l’influence se fait sentir dans son désir de construire,de revivre l’expérience de ses inquiétudes. Au demeurant, c’est le courage qui permet à chaque homme de peser, de contourner les doutes qui amoindrissent ses capacités d’accomplir cette force d’âme qu’on ne saurait identifier à la crânerie qui lui confère l’assurance d’aller jusqu’au bout de ses actes. À voir les flottements de la presse haïtienne, on se demande où est passé le courage, cet élan du cœur qui fonde l’homme réel. Où est passée cette disponibilité du cœur du journaliste pour aider à drainer la détresse du paysage pour le renouveau de l’homme.

Les œuvres de l’esprit ne peuvent suivre la pente linéaire assignée à la rigidité des constructions matérielles. Parmi les nombreux métiers de l’esprit, certains font appel à la souplesse intellectuelle, seule garante de leur espoir et de leur durée. L’entreprise de presse se soumet à ce genre d’exigence . Le discernement, la pondération demeurent les seules vertus cardinales de leur réussite. La Presse, généralement qu’elle soit parlée ,écrite ou télévisée, doit nécessairement refléter en raison de son caractère scientifique les accidents de son terrain d’implantation. Et la nécessité d’épouser les courbes de la conjoncture se charge d’expliquer ce que le langage courant appelle les hauts et les bas de la vie de l’organe de presse. UNE PRESSE RESPONSABLE, pour des raisons évidentes d’éthique ne doit pas échapper à l’obligation de réserve et de mesure imposée par la pratique sociale. Elle ne peut sans verser dans la démagogie et le sensationnalisme, suivre l’actualité sans observer un temps de réflexion propre à lui faciliter le recul nécessaire à l’analyse des événements et à la compréhension du sens du jeu des acteurs publics. La liberté d’informer est donc soumises aux règles sociales courantes et aux exigences du traitement rigoureux et de la saine gestion de l’information.

Gérer l’information suppose le libre accès à ses sources, le tri de la matière première offerte, c’est à dire le crible de l’information brute. À ce palier, intervient la liberté du journaliste qui décide de livrer à l’opinion une information sélective. Il le fait sans parti pris, sans quête de billets verts simplement parce que son métier l’oblige à choisir dans la masse d’informations à sa disposition, les pièces essentielles à leur distribution rationnelle à l’opinion publique.

L’homme moderne est inondé quotidiennement d’un flot d’informations duquel il doit choisir celles nécessaires à la conduite d’une vie normale. Son attention retient particulièrement les données essentielles à la direction de sa vie professionnelle, si bien que l’homme bien informé est susceptible de vivre d’ une vie publique plus riche. Le journaliste haïtien se retrouve pris entre la tentation de livrer au public ce travail de presse scientifique donc,utilitaire-et la facilité de combler sa tendance au narcissisme. Seul, le sens de la mesure peut lui permettre de réussir l’heureux mariage de ” l’utile et de l’agréable “.

Don Quichotte symbolise le parfait exemple de l’incapacité de l’homme à saisir la complexité du monde. À la fin du livre, le héros réalise sa folie de vouloir vivre à la satisfaction de tout le monde. Cette prise de conscience lui fait re-découvrir sa liberté de penser. Ainsi, la Presse haïtienne recouvra-t-elle son équilibre et sa liberté en instituant le sens de la mesure comme un nouvel étalon de la raison dans notre milieu ? Car, dans ce dur et noble métier, la seule caractéristique du journaliste reste le courage. Courage qui lui fait occasion de s’oublier pour se rendre disponible aux autres et le contraint de laisser vagabonder son regard plus loin que ses craintes, de dépasser ses frustrations, d’apaiser ses rancœurs et de tenir en échec toute tendance à l’adulation. Que ces lignes, à ceux-là qui ont épousé cette noble profession, ne laissent transpirer les divagations de Cassandre!

J.L. T.

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