Des coups de feu ont résonné dans l’air, alors que des milliers de citoyens haïtiens se sont rassemblés pour exprimer leur indignation face à l’escalade alarmante de la violence des gangs.

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TRiboLAND

Par TRiboLAND.com

Une démonstration de solidarité et de courage révèle la souffrance d’une nation qui aspire à la paix et à la justice.

Ce Mercredi 02 Avril 2025, la situation en Haïti s’est intensifiée alors que des milliers de manifestants se sont opposés aux forces de police, illustrant une montée de l’indignation face à la violence croissante des gangs. Les manifestants, qui appelaient à une protection gouvernementale accrue, ont été confrontés à une réponse armée de la part des autorités, avec au moins une douzaine de protestataires lourdement armés tirant sur les policiers devant les bureaux du Premier ministre et du conseil présidentiel de transition. Bien qu’aucun blessé n’ait été signalé, cette escalade marque un tournant significatif pour le gouvernement d’Alix Didier Fils-Aimé, en fonction depuis novembre.

La manifestation, désignée sous le nom de “Mercredi Noir”, a débuté de manière pacifique, avec des participants brandissant des machettes et des branches d’arbres. Toutefois, l’atmosphère a rapidement changé lorsque des tirs ont provoqué la panique parmi la foule, laissant des effets personnels éparpillés dans les rues désertées de Port-au-Prince, où de nombreux commerces et établissements scolaires demeuraient fermés.

Les manifestants ont bloqué les routes avec des pneus enflammés et scandé des slogans appelant à l’élimination des responsables actuels. Un organisateur a indiqué que l’intention de la manifestation était de “prendre d’assaut le bureau du Premier ministre et de détruire le CPT”, référence au conseil présidentiel de transition. Ce type d’expression de mécontentement est révélateur d’un climat d’insatisfaction croissante face à l’incapacité du gouvernement à maîtriser la situation sécuritaire.

La violence des gangs, qui contrôle désormais 85 % de Port-au-Prince, a provoqué un déplacement massif de la population, avec plus de 60 000 personnes forcées de quitter leur foyer en seulement un mois, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Grégoire Goodstein, chef de l’OIM en Haïti, a souligné l’urgence de la situation, signalant que ce niveau de déplacement est sans précédent.

William O’Neill, expert de l’ONU sur les droits de l’homme en Haïti, a qualifié la capitale de “prison à ciel ouvert”, notant l’absence de routes sûres pour entrer ou sortir de la ville, à l’exception de l’hélicoptère. Les gangs continuent de menacer des quartiers auparavant sûrs, créant une atmosphère d’insécurité généralisée qui touche également des régions éloignées, comme en témoigne l’attaque récente à Mirebalais, qui a conduit à la libération de plus de 500 prisonniers et à l’augmentation du nombre de sans-abri.

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