L’Espagne et le Portugal maintiennent leur position : il faut reconnaître la Palestine

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par Faouzi Oki

Une décision qui semble imminente est la position du gouvernement espagnol, qui est déterminé à reconnaître l’État de Palestine. Dans une interview exclusive avec Klyoum, le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez qui a tenu des consultations au cours des deux derniers jours avec un certain nombre de ses homologues européens sur les récents développements dans la région et les craintes qui en résultent annonçant l’expansion du cercle de la confrontation, n’a pas modifié la feuille de route qu’il a établie pour reconnaître l’État palestinien. Sanchez avait confirmé cette position lors d’une conférence de presse conjointe lundi soir, à Madrid, avec son homologue portugais Luis Monténégro, où il a déclaré :

«Nous sommes en pourparlers avec nos partenaires européens dans le but de faire reconnaître l’État palestinien par plusieurs pays, mais en tout cas, le gouvernement espagnol est déterminé à franchir cette étape. Une décision que nous considérons comme équitable. La communauté internationale ne pourra pas aider les Palestiniens si elle ne reconnaît pas leur existence, et nous sommes certains que seule la solution à deux États jette les bases d’une coexistence pacifique entre les deux peuples».

De son côté, le Premier ministre conservateur portugais, entré en fonction il y a quelques jours, a déclaré qu’«il attendrait pour prendre cette décision, en attendant qu’un consensus européen soit trouvé à ce sujet. Mais il a confirmé que son pays voterait aux Nations unies en faveur du projet de résolution sur l’adhésion à part entière à l’État de Palestine».

La décision de reconnaître l’État palestinien sera inscrite à l’ordre du jour du Conseil des ministres peu de temps avant d’être présentée au Parlement, car elle ne nécessite pas de vote et cela relève des pouvoirs du Premier ministre, qui a promis de l’expliquer à la Chambre des représentants.

Les milieux officiels espagnols affirment que rien n’a changé dans la position du gouvernement après l’attaque iranienne, mais que ce qui s’est passé renforce cette position en faveur de la diplomatie, de la légitimité et de la paix, «parce que la voie de l’escalade militaire nous mène vers l’abîme, tandis que l’autre nous mène au gouffre. Cette voie nous mène à un cessez-le-feu, à la paix et à la reconnaissance mutuelle entre les deux pays».

Le media a appris que le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albarez, avait demandé à s’exprimer jeudi devant le Conseil de sécurité pour défendre la décision de reconnaître l’adhésion à part entière de l’État de Palestine aux Nations unies. Il convient de noter que la présidence tournante du Conseil de sécurité revient ce mois-ci à Malte, qui est l’un des quatre pays européens qui ont signé, avec l’Espagne, la Belgique et l’Irlande à Bruxelles, une déclaration d’engagement à reconnaître l’État palestinien.

Des sources espagnoles affirment que le gouvernement Sánchez est conscient que cette démarche se heurtera au veto américain lors du Conseil de sécurité qui lui fera perdre tout effet juridique, mais il parie sur sa valeur symbolique à ce stade, et ce sera un prélude à l’annonce par Madrid de sa décision de reconnaître l’État palestinien, qui pourrait être rendue d’ici quelques jours, d’autant plus qu’un vote ultérieur à l’Assemblée générale montrera que 139 pays reconnaissent l’adhésion à part entière de la Palestine à l’organisation internationale, dont 9 pays européens.

Le débat qui a eu lieu la semaine dernière à la Chambre des représentants espagnole sur cette question a montré que l’opposition conservatrice n’était pas disposée à s’opposer à la démarche de reconnaissance de l’État palestinien, puisque le Parti populaire avait déjà approuvé cette décision en 2014, mais maintenant, il s’opposera au moment qu’il juge approprié. Le chef du parti est téméraire et pourrait nuire aux intérêts palestiniens. Quant au parti Somar, partenaire de gauche du gouvernement Sanchez, il insiste pour que la question soit soumise au plus vite au Conseil des ministres, estimant que «les risques d’escalade militaire doivent pousser à accélérer la reconnaissance de l’État palestinien». «Parce que cela contribuera à atténuer cette escalade», selon les déclarations du ministre de la Culture, porte-parole de la coalition de gauche au sein du gouvernement en question.

Les milieux officiels espagnols ne cachent pas leur inquiétude quant à l’éventuelle réaction israélienne à la décision de reconnaître l’État palestinien, surtout après le récent gel des relations diplomatiques entre les deux pays, suite à des déclarations et accusations mutuelles et à la convocation des deux ambassadeurs.

La Jordanie interdit à Israël et à l’Iran son espace aérien

La ministre allemande des Affaires étrangères Annalena Baerbock a déclaré dernièrement que son pays travaillait avec la Jordanie pour établir un corridor terrestre afin d’acheminer l’aide directement vers la bande de Gaza. Selon l’Agence de presse du monde arabe, la ministre allemande a souligné, lors d’une conférence de presse avec son homologue jordanien Ayman Safadi, à Berlin, la nécessité d’un cessez-le-feu à Gaza pour garantir l’acheminement de l’aide humanitaire. Le ministre jordanien des Affaires étrangères a souligné la nécessité d’empêcher le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou d’imposer un programme de guerre dans la région. Il a également réitéré que son pays ne serait pas une zone de guerre régionale et ne souhaitait pas une nouvelle escalade dans la région.

«Le défi maintenant est de garantir que le Premier ministre israélien ne réponde pas ou n’intensifie pas ses attaques contre l’Iran» dit-il. Accusant le gouvernement israélien de tuer toutes les opportunités possibles de parvenir à la paix dans la région : «La Jordanie ne permettra à aucune partie de pénétrer dans son espace aérien et d’exposer ses citoyens à un danger».

Faouzi Oki

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